Art'n'Blog

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29 juin 2008

La vie, la mort, la pizza... (part one)

Jess
(...)  "Je ne te connais pas. Tout ce que je sais, c'est que tu es en train de lire ça. Je ne sais pas si tu es contente; si tu es jeune. J'espère en un sens que tu es jeune et triste. Si tu es vieille et heureuse, j'imagine que tu vas faire un sourire en coin en m'entendant dire: " Il m'a brisé le coeur." Tu te souviendras d'un garçon qui t'a brisé le coeur et dans ton for intérieur tu te diras: oh! oui, je me souviens de ce que ça fait. Sauf que tu peux pas, espèce de vieille bique. Oh! possible que tu te rappelles une sorte de tristesse agréable. Tu te revois peut-être en train d'écouter de la musique en mangeant du chocolat dans ta chambre, ou en train de marcher sur les quais toute seule, emmitouflée dans un gros manteau, te sentant solitaire et courageuse.
Mais est-ce que tu te rappelles qu'à chaque bouchée tu avais l'impression de croquer dans ton propre estomac? Tu te souviens de ce vin rouge qui remontait pour finir en éclaboussures dans la cuvette des toilettes? Tu te souviens d'avoir rêvé chaque nuit que vous étiez encore ensembles, qu'il te parlait gentiment et te caressait, si bien que chaque matin au réveil, il fallait tout rependre à zéro? Tu te rappelles avoir gravé les initiales de ce mec sur ton bras avec un couteau de cuisine? Tu te rappelles avoir été trop près du bord, sur le quai du métro? Non? Alors boucle-la. Ton petit sourire en coin, tu peux te le carrer dans ton gros cul tout flasque, la vioque. (...) "

Extrait de "Vous descendez?" de Nick Hornby.

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22 juin 2008

Et tout de suite, un peu de culture...

     "Paul Day se lance dans l'exploration systématique du thème du paysage urbain en relief. Sa compréhension de la perspective lui permet d'orienter ou de désorienter le 13regard et d'amener l'image vers le spectateur afin qu'il puisse se sentir acteur. Paul Day développe l'idée de déformation de l'espace afin d'évoquer des sensations telles claustrophobie dans le métro ou étourdissements en haut d'un bâtiment. Il cherche à créer des sculptures qui quittent le monde de l'objet pour rejoindre celui de l'image-tableaux. Celles-ci représentent de petits mondes en miniature qu'il met en scène et qu'il éclaire avec le souci de recréer le drame - un autre monde qui ressemble au nôtre et disparaît dès que la source de lumière s'éteint. (...)10
   
Dès 1992, Paul Day s'installe en France - en Bourgogne - et y développe la pratique de la terre cuite. Utilisant au mieux les ressources et la sensualité de ce matériau - matière, grain, couleur - il régénère un genre tombé en désuétude - le bas-relief - dans lequel il inscrit d'emblée sa vision des environnements architecturaux et urbains qui le captivent : non pas pour les reproduire mais bien pour réinterpréter la dynamique de leurs composantes spatiales et lumineuses. Il appréhende les lieux avec une complicité proche d'un concept fondateur du cubisme : l'artiste représente non pas ce qu'il voit mais plutôt ce qu'il connaît, ce qu'il sait et ce qu'il ressent. Mais Paul Day détourne cette stratégie moderniste de sa vocation initiale - une démarche tendant vers l'abstraction - en faveur d'un registre de figuration interprétative. Il réinvente le lieu qu'il a choisi d'interpréter en sublimant ses spécificités. Pour ce faire il recompose l'ordonnance des pleins et des vides : il déjoue les règles mécaniques de la perspective géométrique héritées de la Renaissance pour y substituer, avec une déconcertante aisance et une troublante efficacité, celles d'une perspective affective qui confère à l'oeuvre l'empreinte subtile de sa perception multisensorielle. (...) 5
     En fait, l'artiste devient architecte : il n'est pas témoin du lieu, il s'en accapare, il le recompose, le restructure, il le soumet à sa perception pour finalement mieux en évoquer l'esprit et la logique, le sensualité ou la puissance, la polyvalence de ses significations. Dès lors il invente, parfois aussi, son propre registre d'architectures et de lieux imaginaires. (...)"

(Extrait de la présentation de l'artiste - qui en parle largement mieux que moi! - sur ce lien. Et sérieux, j'ai vu ses sculptures, c'est scotchant!
J'ajoute un album, là, sur votre gauche!)




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19 juin 2008

Quand je bois de l'eau...

La tordue
Aux noms des dieux, là!

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15 juin 2008

Etes-vous...?

Etes vous un connard prétentieux?
Pour le savoir, c'est par là
>>>

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08 juin 2008

La Webradio... Ou le podcast, non?

Bref, voici le lien vers un regroupement de radios en écoute, libre ou payante, sous plusieurs thèmes:
- Nouveautés
-Oldies
- Pointu
-Jazz
- Classique
-B.O.F.
C'est

D-FUZZ

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06 juin 2008

Electricssss calor!

Une fille, un homme, deux italiens, Bettina Kee et Emiliano Turi.
Musique electro, acidulée, kitsch ou planante.
Le groupe, Electro Mop, l'album, Pop.
Génial.

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02 juin 2008

Mademoiselle K

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01 juin 2008

Des nouvelles de Walt Whitman?

        A l'usine, Lucas dut lutter pour rester concentré. Son esprit avait tendance à s'égarer. Il alignait une plaque, actionnait le levier, puis se retrouvait à l'arrière de la machine en train de vérifier les impressions, sans se souvenir comment il était arrivé là. C'était dangereux, dangereux d'affronter la machine dans cet état, et pourtant il semblait incapable de faire autrement. Il esayait de penser uniquement à son travail -aligner, ajuster, tirer, tirer à nouveau, vérifier - mais impossible de rester éveillé quand le sommeil vous envahissait. L'innattention s'emparait de lui comme les rêves.
   Pour se calmer, il se concentra sur le murmure de la machine. Il écouta avec attention. On aurait pu confondre ce bruit avec le crissement d'un essieu mal huilé, mais cela ressemblait plutôt à une voix (...). Cela avait la cadence d'une voix, qui s'élevait, tombait, s'élevait à nouveau, (...), une certaine insistance plus humaine que mécanique, comme si le son émanait d'une entité impatiente de se faire entendre.
        Il dut attendre l'après-midi pour comprendre en quoi consistait le chant de la machine. (...)
        C'était la voix de Simon.
        Etait-ce possible? Lucas tendit l'oreille. La voix de Simon était profonde et rauque. (...) Oui, il semblait bien que c'était la voix de Simon, devenue mécanique. Elle avait cette audacieuse et indifférente atonalité. (...)
        Simon était emprisonné dans la machine. La sensation était soudaine, terrifiante. Il n'était ni au paradis ni dans l'oreiller; il n'était ni dans l'herbe ni dans le médaillon. Son fantôme s'était accroché aux entrailles de la machine, laquelle l'avait retenu comme un chien pouvait retenir le manteau d'un homme dans ses crocs. (...) La chair de Simon avait été emboutie et expulsée, mais sa partie invisible était restée coincée parmi le engrenages et les dents.
         Lucas resta stupéfait à écouter la roue chanter. Puis, parce qu'il ne devait pas s'interrompre, il chargea une autre plaque. Il aligna, serra, tira, tira encore et vérifia. En esprit, il accompagna Simon, chantant en duo avec lui, une note après l'autre, tandis que les heures s'écoulaient. (...)

Extrait de "Le livre des jours" de Michael Cunningham.

Posté par me2you à 13:39 - Bouquinothèque - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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